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1 an après la COP 21
il est urgent de passer des paroles aux actes


En décembre 2015 et grâce aux 15 000 ÉCOPACTEURS mobilisés derrière la Fondation, nous avons participé au succès de la COP 21. 195 pays, réunis à Paris-Le Bourget, ont signé un accord historique pour agir contre les changements climatiques lors la 21ème Conférence des Parties (COP21) pour le climat.

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COP 22 : AVIS DE TEMPÊTE SUR LE CLIMAT !

24/11/2016
Fondation Nicolas Hulot
Côté méthode et calendrier, les 108 pays qui ont ratifié l’accord sont dans un brouillard qui risque de persister. Côté pays du Sud, l’orage menace à nouveau sur les financements climat et la place de l’adaptation… Deux conditions pour retrouver la stabilité et peut-être un anticyclone : les états doivent être encore plus fermes sur leur ambition, se préparer à la relever dès 2018 et accélérer dans la transition vers une économie neutre en gaz à effet de serre à horizon 2050 & les pays développés doivent concrétiser leurs promesses de financement, notamment en augmentant leurs dons pour l’adaptation des pays du sud. Le soleil qui brille sur des énergies renouvelables toujours plus compétitives devrait les inciter à franchir le pas.

Du brouillard jusqu’en 2018 ?

Alors que 108 pays ont ratifié l’accord de Paris, la COP22 va inaugurer la 1ère réunion ministérielle (« CMA ») de l’accord de Paris, à l’ordre du jour : agenda, calendrier, et modalités de mise en oeuvre de l’accord de Paris. Si les pays sont encore divisés sur la méthode, ils sont d’accord pour faire de la COP 24 en 2018 le prochain grand rendez-vous politique pour aller plus loin avec un accord de Paris pleinement opérationnel d’ici là.

En ce qui concerne les contributions nationales (NDC), il s’agit de définir les règles qui s’appliqueront et le calendrier pour y arriver. Il serait important que les états s’engagent sur des cycles d’action de 5 ans et précisent les volumes financiers mobilisés et leurs stratégies d’adaptation. Malheureusement certains pays, comme l’Arabie Saoudite, bloquent l’adoption de nouvelles règles.

A Marrakech, les pays devaient définir les modalités du bilan intermédiaire et dialogue facilitateur de 2018, pour en faire un véritable moment politique, suffisamment puissant pour réviser les copies des Etats et accélérer le passage à l’action. Discussion qui n’aura pas abouti entre négociateurs et se poursuivra sous la responsabilité des présidences et des ministres.

Des orages sur les financements climat et l’adaptation

Sur financements, les pays donateurs ont récemment démontré via des projections OCDE qu’ils seraient en capacité d’atteindre 100 milliards de dollars en 2020. Mais comme lors de la COP 21, la méthode comptable interroge les ONG et ne fait toujours pas consensus dans les pays en développement. Ils projettent un doublement des financements pour l’adaptation d’ici 2020 mais ces chiffres ne sont pas consolidés, peu décaissés sous forme de subventions et ne priorisent pas assez les pays les plus fragilisés et pauvres (PMA). Cela reste insuffisant pour tendre vers l’équilibre visé par l’Accord de Paris et les pays en développement demandent un quadruplement d’ici 2020 des fonds pour l’adaptation. Pour la FNH, la France doit prendre sa part et concrétiser une augmentation de ses financements à l’adaptation sous formes de dons.

Sur l’adaptation, la tension est forte avec plusieurs sujets de crispation:

  • Les pays bailleurs vont ils se décider à recapitaliser le Fonds pour l’Adaptation à hauteur de 80 millions de $ pour 2017 ?
  • Comment atteindre ENFIN l’équilibre entre financements adaptation et atténuation établi par l’Accord de Paris, à quelle échéance ?
  • Comment communiquer sur ces efforts supplémentaires en matière de financement de l’adaptation ?
  • Quelle approche sur l’agriculture ? Les pays du Sud veulent prioriser l’adaptation des pratiques et la sécurité alimentaire quand les pays développés ont la mauvaise idée de prioriser les agro-carburants avec tous les problèmes que cela pose.

Des éclaircies attendues sur l’ambition de la France ?

La présentation par l’Allemagne de son plan à 2050, les annonces de la Chine assurant de sa publication rapide d’un exercice similaire montrent que les Etats du G7 se préparent à honorer leur promesse de publier une feuille de route à horizon 2050 compatible avec l’objectif des 2°C tandis qu’une plateforme 2050 sera lancée en fin de semaine. La FNH attend de la France qu’elle s’engage à son tour dans cet exercice. Actuellement, la France s’appuie sur la loi sur la transition énergétique à horizon 2030, la PPE et la SNBC (-75%  « Facteur 4 » à horizon 2050, -40% 2030 et des budgets carbone jusqu’en 2028, révisés tous les 5 ans).  Ensemble, ces documents de planification représentent des avancées importantes mais ne sont pas suffisants pour respecter l’objectif fixé dans l’accord de Paris d’atteindre la neutralité en émissions de gaz à effet de serre dans la 2ème moitié du siècle et ne permettent pas d’aborder les grandes mutations industrielles et sociales nécessaires. Une problématique illustrée par le récent fiasco sur la mise en oeuvre d’une taxe carbone sur la production d’électricité à partir de charbon. Quand la France se décidera-t-elle à envisager sérieusement la fermeture de sites et créer les outils adaptés pour assurer une transition juste ?

Commerce et climat : en attendant le dégel

Faire le lien entre le commerce et lutte contre le réchauffement climatique est fondamental pour réussir à mettre en place l’Accord de Paris. Dans un sens, le commerce doit faciliter, entre parties de l’Accord de Paris, le déploiement des technologies utiles et les investissements dans les énergies renouvelables et discriminer les produits polluants et les énergies fossiles notamment les plus émettrices comme le pétrole issu des sables bitumineux. Dans l’autre, ceux qui remettent en cause la réussite de l’Accord de Paris pourraient être sanctionnés commercialement. C’est pourquoi l’UE doit revoir de fond en comble sa politique commerciale et arrêter de négocier et signer des accords commerciaux aveugles aux enjeux du 21ème siècle. Le CETA en est le parfait exemple. Quand le commerce redeviendra-t-il un moyen servant des objectifs plus élevés comme la protection des écosystème, la lutte contre le réchauffement climatique et la protection des droits humains et non plus une fin en soi ?

Plusieurs rapports sont publiés  :

  • un pré-rapport de l’Organisation Météorologique Mondiale, qui devrait qualifier 2016 d’année la plus chaude jamais enregistrée avec une température 1,2°C au dessus de la moyenne de l’ère pré-industrielle. Un rappel  de l’urgence à agir d’autant plus qu’il fait le lien avec les évènements climatiques extrêmes qui ont jalonnés l’année. Rappelons que l’ouragan Matthews a fait plus de 500 morts à Haïti.
  • un rapport du Global Carbon Project qui établit la relative stabilité des émissions de GES en 2016 et la décorrelation apparente entre GES et croissance au niveau mondial. Pour autant, les Etats ne sont toujours pas sur un chemin compatible avec l’objectif de rester bien au dessous des 2°C.
  • un rapport de la Banque Mondiale sur le lien entre pauvreté et catastrophes naturelles

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